MaPrimeRénov’ coupe 6 aides et ne finance plus que trois travaux depuis le 1er septembre

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Couple de propriétaires français observant des papiers de subvention près d’un poêle à granulés et de vieilles fenêtres pendant un épisode de canicule.
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Un poêle à granulés, une isolation de combles ou le remplacement de fenêtres ne touchent plus un euro de MaPrimeRénov’ en geste isolé. Depuis le 1er septembre, le parcours dit « par geste » se limite à trois interventions. Une coupe nette qui tombe en plein épisode de fortes chaleurs.


À retenir

  • À compter du 1er septembre 2026, six familles de travaux sortent du parcours par geste de MaPrimeRénov’.
  • Concernés : poêles à bois et granulés, chauffe-eau solaire et thermodynamique, VMC, isolation des toitures et combles, fenêtres.
  • Seuls trois gestes restent aidés individuellement : pompe à chaleur chauffage, raccordement au réseau de chaleur, dépose de cuve à fioul.
  • La date de dépôt complet du dossier à l’Anah fait foi, pas la signature du devis.
  • Les aides CEE, l’éco-PTZ et la TVA à 5,5 % restent mobilisables pour les gestes exclus.

Le gouvernement resserre MaPrimeRénov’ pour financer moins de petits chantiers et davantage de rénovations globales. La mesure touche tous les propriétaires qui prévoyaient un monogeste à l’automne, avec un reste à charge en hausse.

Ce qui disparaît du guichet depuis le 1er septembre

Le décret qui redessine le parcours par geste est entré en vigueur sans délai.

Le périmètre resserré du parcours par geste

Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026, publié au Journal officiel du 27 août, acte la nouvelle grille. Le parcours par geste correspond à l’aide forfaitaire pour un seul type de travaux à la fois. Il perd six catégories au 1er septembre 2026, selon Service-Public.fr.

Sont exclus les équipements indépendants de chauffage et d’eau chaude au bois ou à la biomasse, dont les poêles à bois et à granulés. Les chauffe-eau et chauffages solaires thermiques ou hybrides en métropole sortent aussi du dispositif, tout comme les pompes à chaleur dédiées à l’eau chaude sanitaire, dites chauffe-eau thermodynamiques. L’isolation des toitures, des combles et rampants, le changement de parois vitrées et l’installation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC) seule ne sont plus éligibles.

Il ne reste que trois interventions en monogeste : la pompe à chaleur pour le chauffage, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose d’une cuve à fioul. Les territoires d’outre-mer conservent une exception pour le solaire thermique. Le recentrage concerne toute la métropole.

Artisan du bâtiment montrant l’isolation de combles, un poêle à granulés et des menuiseries neuves à un propriétaire dans une maison en chantier.
Plusieurs gestes isolés comme l’isolation des combles, les poêles à granulés ou le remplacement des fenêtres sortent du parcours par geste de MaPrimeRénov’.

La date qui fait foi pour votre dossier

La règle est stricte : seule compte la date de dépôt complet du dossier sur la plateforme de l’Anah. Signer un devis avant le 1er septembre ou verser un acompte ne préserve pas l’ancienne éligibilité. Tout dossier déposé à compter du 1er septembre 2026 bascule automatiquement sur la nouvelle grille, rappelle le cabinet Kohen Avocats.

Pourquoi l’État veut des chantiers plus ambitieux

L’exécutif assume un choix budgétaire et énergétique qui pénalise les gestes isolés.

Cap sur l’électrification du chauffage

Le gouvernement veut concentrer les aides sur les rénovations globales, qu’il juge plus efficaces pour faire baisser la facture. L’objectif est un saut d’au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique (DPE), l’étiquette de A à G qui mesure la consommation et les émissions du logement. Cette orientation rejoint le plan d’électrification des usages.

L’État vise un million de pompes à chaleur par an d’ici 2030, selon le ministère du Logement. Il veut accélérer la sortie du gaz et du fioul tout en limitant l’exposition des ménages aux prix des énergies fossiles. L’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui distribue MaPrimeRénov’, financera donc en priorité les bouquets de travaux complets plutôt que les remplacements ponctuels.

La chasse au gaz conservé en maison

Depuis le 1er septembre 2026, une maison individuelle ne peut plus conserver une chaudière gaz dans le cadre d’une rénovation d’ampleur aidée. Le parcours accompagné, qui finance une rénovation globale avec audit et suivi obligatoire, exclut désormais le maintien d’un chauffage au gaz. Les pompes à chaleur hybrides avec appoint fioul ou gaz sont aussi écartées du bouquet financé pour ces logements.

Le ministère invoque aussi la rigueur budgétaire et la lutte contre la fraude. En réduisant les forfaits monogestes, il cherche à optimiser l’impact énergétique de chaque subvention. Le dispositif favorise les dossiers qui réunissent plusieurs travaux plutôt que leur empilement au fil des années.

Canicule, colère des artisans et pistes pour financer autrement

La réforme passe mal chez les professionnels, qui y voient un frein alors que les logements surchauffent.

Artisans du bâtiment discutant avec un propriétaire dans une rue écrasée par la chaleur, dossiers de financement de travaux à la main et pancartes de protestation sans inscription.
Entre canicule, colère des artisans et recherche de financements alternatifs, la réforme de MaPrimeRénov’ suscite de fortes tensions sur le terrain.

Des professionnels qui parlent de contresens climatique

Le Conseil national de l’habitat avait émis un avis défavorable le 2 juillet 2026 sur le projet de décret. La CAPEB et la FFB dénoncent une mesure qui risque de freiner les chantiers. Les artisans redoutent que les ménages modestes, incapables de financer une rénovation globale, renoncent aux travaux.

Le pire ennemi de la rénovation n’est pas le monogeste, c’est l’absence totale de travaux
Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, cité par SeLoger

L’UFME, qui représente les fabricants de menuiseries, juge l’exclusion des fenêtres et volets incohérente en période de canicule. La protection solaire extérieure et l’isolation des combles sont des solutions passives : elles limitent la surchauffe sans consommer d’électricité et réduisent le recours à la climatisation. Les filières bois, menuiserie et solaire thermique craignent une déstabilisation de leur activité.

Contrepoint : l’argument de l’efficacité à long terme

Le gouvernement avance un autre calcul. Un geste isolé améliore le confort, mais ne fait pas sauter deux classes DPE. Une rénovation globale, qui associe isolation, ventilation et chauffage décarboné, réduit davantage la consommation sur vingt ans. L’État estime que les subventions aux monogestes dispersent l’argent public sans régler le cas des passoires thermiques, ces logements classés F et G très énergivores.

Les leviers qui restent ouverts pour les ménages

Les travaux exclus ne sont pas dépourvus de financement. Les certificats d’économies d’énergie (CEE), versés par les fournisseurs d’énergie, restent mobilisables sans condition de ressources pour les poêles, la VMC, l’isolation ou les fenêtres. La TVA à 5,5 % sur la fourniture et la pose par un artisan certifié RGE (Reconnu garant de l’environnement) s’applique toujours.

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) finance les travaux sans intérêts. Il couvre jusqu’à 15 000 euros pour une action, 25 000 euros pour deux actions, 30 000 euros pour trois actions et jusqu’à 50 000 euros pour une rénovation globale, remboursable sur 15 à 20 ans selon Service-Public.fr. Il reste une dette, pas une subvention directe. Les passoires F et G conservent l’accès au parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2027 pour les interventions encore ouvertes.

L’option qui ouvre le plus d’aides consiste à basculer vers le parcours accompagné. Il impose un audit énergétique et l’intervention de Mon Accompagnateur Rénov’, un tiers de confiance agréé, avec un saut de deux classes DPE minimum. Comparer précisément les devis, CEE inclus, devient indispensable pour limiter le reste à charge avant de déposer le dossier à l’Anah.