À partir du 1er janvier 2026, la réforme du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) permettra à 850 000 logements actuellement classés F ou G de sortir de la catégorie des passoires énergétiques sans travaux. Cette évolution, actée par un arrêté publié au Journal officiel le 26 août 2025, abaisse le coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9, favorisant ainsi les biens chauffés à l’électricité. Elle s’inscrit dans l’urgence de la transition énergétique pour encourager l’électrification des usages domestiques.
À retenir
- Le DPE évalue la consommation d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre des logements.
- Le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9 à compter du 1er janvier 2026.
- Environ 850 000 passoires énergétiques (14 % des 4,8 millions) seront reclassées sans rénovation.
- 50 % des logements chauffés à l’électricité verront leur classe énergétique améliorée.
- Les DPE existants restent valables 10 ans ; mise à jour gratuite possible via l’ADEME.
- Cette réforme cible le mix électrique français décarboné à 90-95 %.
Cette réforme du DPE répond à un besoin urgent de corriger un biais qui pénalisait les logements électrifiés en France, où l’électricité provient majoritairement d’un mix décarboné. Elle est cruciale aujourd’hui alors que la loi Climat et Résilience interdit progressivement la location des passoires énergétiques dès 2025 pour les G, et 2028 pour les F. Pour les propriétaires et locataires, elle ouvre des perspectives d’économie et de durabilité, en rendant attractives les solutions comme la pompe à chaleur, tout en alignant la méthode sur les recommandations de l’Union européenne. Cet angle met l’accent sur la durabilité et l’économie pour un meilleur bien-vivre chez soi, sans négliger les enjeux de confort et de praticité dans la rénovation énergétique.
La réforme du DPE face à l’urgence énergétique
Cette évolution du DPE vise à mieux refléter les réalités du parc immobilier français dans le contexte de la transition vers des énergies bas-carbone.
Qu’est-ce que le DPE ?
Le Diagnostic de Performance Énergétique est un document obligatoire pour la vente ou la location d’un logement. Il classe les biens de A à G en fonction de leur consommation d’énergie finale et primaire, ainsi que de leurs émissions de gaz à effet de serre. L’énergie finale désigne l’énergie consommée directement, tandis que l’énergie primaire intègre les pertes de production et de transport.
Pourquoi une réforme est-elle nécessaire ?
Le système actuel sous-estimait les performances des logements chauffés à l’électricité par rapport au gaz ou au fioul. Ces derniers, plus émetteurs de CO2, bénéficiaient d’un traitement favorable malgré leur impact environnemental. La réforme corrige cette inégalité pour encourager la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.
Contexte et objectifs de la réforme 2026
Publiée au Journal officiel le 26 août 2025, cette mesure s’inscrit dans la politique nationale de rénovation énergétique. Elle aligne le calcul sur le mix électrique français, décarboné à 90-95 % grâce au nucléaire et aux renouvelables. L’objectif est de promouvoir l’électrification des usages pour limiter le réchauffement climatique.

L’abaissement du coefficient de conversion de l’électricité
Le cœur de cette réforme réside dans l’ajustement du facteur appliqué à l’électricité, qui influence directement le classement des logements.
Détails de la modification du coefficient
À partir du 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’énergie finale en énergie primaire pour l’électricité sera réduit de 2,3 à 1,9. Cela signifie qu’un kWh consommé sera comptabilisé comme 1,9 kWh d’énergie primaire au lieu de 2,3. Cette valeur s’appliquera aux DPE et audits énergétiques, harmonisant la méthode avec la recommandation par défaut de l’Union européenne.
Justifications techniques et environnementales
Ce coefficient reflète les pertes liées à la production et au transport de l’électricité. L’abaissement tient compte de l’efficacité croissante du mix électrique français. Environnementalement, il met fin à une distorsion qui désavantageait l’électricité face aux combustibles fossiles importés.
Comparaison avec les autres sources d’énergie
Pour le bois ou le gaz, le facteur reste à 1, car ces énergies sont consommées directement sans pertes significatives de transformation. Le fioul, émetteur de CO2, était auparavant mieux noté que l’électricité décarbonée. Cette réforme rétablit l’équité en favorisant les choix bas-carbone.
Impacts concrets sur les logements et le marché immobilier
Les effets de cette mesure se feront sentir sur des millions de biens, boostant l’attractivité des propriétés électrifiées.
Reclassement des passoires énergétiques
Sur les 4,8 millions de passoires énergétiques identifiées au 1er janvier 2023, 850 000 classés F ou G sortiront de cette catégorie sans travaux, soit 14 %. Près de 7 millions de résidences principales gagneront au moins une classe énergétique, dont 91 % chauffées à l’électricité. Aucun logement ne verra son étiquette énergétique se dégrader.
Avantages pour les propriétaires et incitations à la rénovation
Pour les propriétaires et bailleurs, un meilleur DPE rend le bien plus vendable ou louable, évitant les interdictions futures. La réforme incite à remplacer les chaudières au gaz ou fioul par une pompe à chaleur, un chauffe-eau thermodynamique ou solaire. Ces solutions électriques améliorent le confort et réduisent les factures à long terme.
Le DPE existant et la mise à jour gratuite
Les DPE antérieurs restent valides 10 ans. Si le nouveau calcul améliore le classement, une mise à jour gratuite est possible sans visite du diagnostiqueur, via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Les diagnostics post-2026 intègrent automatiquement le coefficient révisé.

Réactions et limites de la réforme du DPE
Si la mesure est globalement accueillie positivement, elle soulève des débats sur son portée réelle et ses implications futures.
Réactions des professionnels et des associations
Les fédérations immobilières applaudissent cette correction d’un biais injuste pour les logements électrifiés. En revanche, l’association CLCV tempère :
« Cette amélioration du DPE est théorique et ne garantit pas un gain de confort réel. »
Pour la CLCV, ces biens restent énergivores et mal isolés. Des travaux de rénovation énergétique demeurent essentiels pour les passoires persistantes.
Questions en suspens : Fiscalité et accompagnement
Des experts pointent l’incohérence fiscale, l’électricité étant plus taxée que le gaz. Un alignement s’impose pour éviter de pénaliser les foyers décarbonés. L’accompagnement via aides comme MaPrimeRénov’ doit cibler prioritairement les énergies fossiles.
Vers une accélération de l’électrification des usages ?
Cette réforme pousse à l’adoption de technologies électriques performantes, accélérant la sortie des combustibles fossiles. Elle cible mieux les subventions pour les rénovations, favorisant un parc immobilier plus durable. Pour les locataires et propriétaires, elle ouvre la voie à un habitat plus économique et écologique, aligné sur les objectifs climatiques européens.









